Nous avons manifesté, nous sommes contents ! … enfin, presque.

22 fév

- Aaaaah la Révolution des Frites c’était … bien ! Oui, c’était bien.

- Il faisait beau en tout cas …

-Oui, puis le DJ a bien géré sa musique.

-Ouép ! Pis le stand-bière c’était une sacré bonne idée.

-Oooh que oui ! Même le parcours hein ?

-Aaah oué ça, le parcours, rien à en redire, gueuler comme un possédé au milieu de l’avenue de la Couronne c’était le pied ! C’est presque thérapeutique quand on y pense, non ?

-Tout à fait ! En fait, il faudrait faire une manif’ une fois par semaine, le vendredi soir par exemple. Pour être bien détendu le weekend. Un peu comme un …

-Un concert ?

-Oué, c’est ça, un concert mais avec un thème politique.

-Un peu comme Bono ?

-Merde t’as raison … Faut pas déconné quand même !

-N’empêche, faudrait plus de manif’ ! Surtout en été.

-Moi en juillet je pars en vacance donc ça sera sans moi

-Où ça ?

-En Égypte …

 

Pourquoi ce petit dialogue ? J’aimerais simplement mettre en évidence quelques points qui,  je trouve, nous échappent quelque peu dans nos pays occidentaux “démocratiques”. Je parlerai pour la Belgique mais je pense que ce sera généralisable à beaucoup d’autres pays.

Premièrement, là où actuellement des gens perdent la vie pour obtenir le droit de manifester pacifiquement, d’autres, qui l’ont obtenu depuis un petit temps, tendent à laisser cette manière d’agir au placard. Même chez les jeunes. Attention ! Loin ici l’idée de dire que la Révolution des Frites n’est pas une réussite, pas du tout. Ce que j’ai eu l’occasion de constater au niveau de mon université c’est qu’en dépit d’une campagne d’information en béton armé, considérant le nombre d’étudiants au courant, seule une petite partie d’entre-eux se sont donné la peine de se bouger le cul. Comme si c’était un calvaire de déambuler dans les rues ensoleillées de Bruxelles une chope à la main ! Pendant que des hommes et des femmes tiennent un siège de plusieurs semaines en dépit du danger et de leur extrême pauvreté, des étudiants pantouflards s’évitent la peine de marcher 2 km sous la protection de la police. Bon, il n’empêche qu’au final la mobilisation pour cet évènement était suffisante pour lui conférer le crédit qu’il méritait. Néanmoins, et là je m’adresse à tous les étudiants, faisons gaffe à ne pas perdre le statut qui nous incombe, à savoir une force de contestation en tant que futur de la société (c’est bateau aussi ça, à retenir éh éh …). N’oublions pas qu’à une époque, ici, en Belgique, faire ce que nous avons fait le plus naturellement du monde le 17 février, ne se passait pas sans un lot de morts et de blessés.

Ensuite, il faut parler d’un étrange phénomène. Étant donné que nous avons le droit de manifester (même s’il faut demander la permission en faisant quelques courbettes) et une fois qu’une partie du peuple à pousser sa gueulante, tout s’apaise sans grandes conséquences. Cela fait longtemps que je le remarque mais ça m’a choqué en entendant une rediffusion radiophonique (j’adore ce mot) de l’émission “Mise au Point”. Figurez-vous, courageux lecteurs de ce misérable blog, que nos politiciens suffisants regardent les différentes actions de la “Révolution de Frites” avec amusement ! En somme, nous les divertissons et c’est avec délassement, entre deux négociations foireuses, qu’ils regardent les étudiants se pavaner joyeusement dans les rues. Il leur suffit alors de poser leurs fesses sur une chaise de plateau-télé et de dire “Le nationalisme, nous, on aime pas !” (authentique, cette phrase m’a littéralement soufflé: qu’elle puissance ! qu’elle profondeur ! je suis sûr que Martin Luther King se mort les doigts de pas l’avoir trouvée celle-là) . Bref, manifester, même à 30 000, ça ne fait pas mouiller leur slip à nos politiciens

Enfin, pour conclure, peut-être faut-il que je revête le masque d’un moralisateur pompeux pour mettre en garde ceux qui ont encore la prétention de croire qu’ils sont le peuple et donc souverains. Amies et Amis manifestants, n’oubliez pas qu’une fois que la fiesta est terminée, qu’une fois que les chopes vides  résonnent en une magnifique gueule dans de bois dans vos petites têtes encore toutes pleines de maquillage bon marché, qu’une fois le politicien diverti, il faut y retourner !!!

 

 

Contre l’usage des agences de sécurité privées ! … ou: Pour une réinsertion des gorilles dans leur milieu naturel

16 fév

Vous l’avez entendu, une agression de plus dans les transports en commun de Bruxelles. Et bien sûr, en réaction, une grève du personnel. Grève que tout le monde comprend mais que tout le monde maudit, grève dont on loue la légitimité mais dont on redoute les effets. Gros débat, comme d’habitude: l’ IN-SÉ-CU-RI-TÉ ! La sacro-sainte insécurité, celle qui nous retourne les entrailles lorsqu’un groupe de jeunes bruyants et excités rentre dans notre rame de métro ! Celle qui, comme une seconde conscience, nous rend plus alertes et circonspects quand nous parcourons les rues des quartiers “difficiles”. Et PAF ! La solution à cours terme est toute trouvée: les agences de sécurité privées. Bien sûr, citoyennes et citoyens, c’est une solution temporaire, celle qui vous fera patienter dans le confort d’une ambiance sécurisée avant l’arrivée de solutions structurelles (selon les explications données par la Ministre bruxelloise des transports sur les ondes de La Première). Oui mais voilà, nous avons un petit problème ! Voir deux …

Le premier c’est que (en tout cas pour ma part), même si je tolère la présence de gorilles dans les bars “chicos” et les banques que les riches fréquentent je ne tiens pas du tout à les voir dans l’espace public que représentent les transports en commun. D’abord parce que, même si mes opinions ne portent pas l’État dans leur cœur, le monopole de la violence, selon la théorie du contrat social, lui appartient. C’est sa prérogative première et d’ailleurs sur laquelle se base tout le système quand on y regarde de près. Et voilà qu’il la brade sur un (excusez la minimisation) simple fait divers à des forces de sécurité qui appartiennent à … Á qui d’ailleurs ?! Aveu implicite que la police est bien trop faible en effectifs ou alors peut-être tout simplement passée de mode, la sécurité quotidienne des gens devant désormais être gérée par des organismes plus “smart”. Ensuite et surtout, parce que les conséquences de ce choix sont à craindre. Je vois d’ici les gorilles baver devant un peu d’action quotidienne et regarder d’un œil avide les singeries des jeunes cons qui pourrissent l’ambiance tranquille des stations de métro.  Je les vois d’ici compenser quelques exagérations autoritaires envers la jeunesse dans un âgisme doucereux envers les vieux qui, après avoir demandé leur chemin, féliciteraient ces milices de leur rendre la vie moins périlleuse. Pendant ce temps, les jeunes, eux, oublieraient leur journée merdique à l’école avec une petite dose d’adrénaline en testant les limites de ces nouveaux représentants privés de l’ordre publique. Quel beau tableau ! Image bien évidement caricaturale avouons-le, mais finalement pas si éloignée de la réalité.

Le deuxième problème c’est que les solutions structurelles qui seront apportées (et que nous attendrons encore longtemps si vous voulez mon avis), feront partie intégrante d’un projet de société qui encourage la violence au quotidien. Toujours sur les ondes de La Première, certains se félicitaient, en dépit de l’incident, des mesures déjà mises sur pied. Et de citer, bien évidement, les nouvelles portes miracles. On nous expliquait alors que ce dispositif très original permet de limiter la présence d’indésirables sur les quais de métro. Entendez les clochards, les mendiants, les oisifs, ceux qui gênent dans ces espaces uniquement destinés à la circulation des passagers. Braves gens circulez, la flânerie n’a pas lieu d’être dans nos couloirs. Vous pourriez objecter qu’en définitive c’est bien ainsi car, après tout, il y a bien d’autres endroits où glander. C’est vrai, mais je pose tout de même l’idée qu’à force de fonctionnaliser à outrance les espaces publiques nous en seront chassés. Quand j’avance que le projet de société actuel encourage la violence, je pourrais m’expliquer en pointant multiples causes et moult effets concrets à tous les niveaux de la société (voilà un bon sujet pour un prochain article !). Mais ce qui nous intéresse ici plus précisément c’est la violence dans les transports en commun. Le bus, le tram et le métro forment un système de communication nerveux. Nerveux car toutes les tensions mentales des utilisateurs (et Dieu sait combien les citadins sont névrosés) y sont aussi concentrées que ceux-ci sont nombreux et compactés à la mode sardine. D’un autre coté ces lieux (stations, gares et arrêts) sont pour certains d’entre nous des exutoires (je pense aux étudiants se défoulant entre l’école et la maison), des refuges (je pense aux sans-abri), des lieux de travail (commerçants mais aussi mendiants), des lieux de rencontre également pour les jeunes qui n’ont pas la culture du bistrot au tout simplement qui n’en ont pas les moyens. Alors que faire ? Il y a ceux qui pensent que pour éviter les conséquences malheureuses de ces tensions humaines dans ces lieux d’effervescence, il faut transformer ces derniers en déserts sociaux, filtrés, sécurisés, où l’on ne s’arrête que pour acheter un mauvais sandwich que l’on mangera plus tard. Une autre réponse “structurelle” serait bien évidement d’engager plus d’hommes en bleu, de préférence lourdement armés (un peu à la mode vigipirate, en France). Ou mieux encore ! Une bonne dose de caméra-mania, à la londonienne. Soyons sérieux merde …

On ne peut pas traiter de la violence dans les transports en commun sans repenser les politiques urbaines dans leur ensemble (oooooh comme c’est bateau !!). Oui, c’est banal et ennuyeux comme solution, c’est sûr que ça a moins de gueule qu’un film d’action hollywoodien et que c’est plus difficile à mettre en œuvre en comparaison d’un bête accord contractuel avec des agences de sécurités. Pourquoi ne pas repenser les stations et gares comme des lieux où l’on mêlerait commerces, espaces de rencontre et d’expression artistique et points d’aide social et de solidarité ? Au lieu d’en faire des endroits où l’on refourgue l’art contemporain dégueulasse dont on ne veut pas ailleurs en guise de décoration et où l’on angoisse et stress les travailleurs et autres citoyens. Enfin, à bon entendeur …

NB: Nous sommes d’accord si vous pensez que cet article est purement démagogique et que son seul mérite est d’être récréatif, et encore …

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Un nouveau blog … et un peu plus de déviance subjective sur le net :-) !

15 fév

J’ ai toujours considéré le phénomène des blogs avec pas mal de distance; un peu comme un puceau de l’écriture regarderait un journal intime, se demandant ce qu’il pourrait y déverser , ce que les autres y écriraient et la catastrophe que représenterait  sa publication au grand jour. Il existe une multitude de blogs différents par leur contenu aussi bien que par leur forme me diriez-vous. Oui, mais comme je vous l’ai dit il y a 4 lignes (vous lisez quand j’écris oui ou merde ??),  je les considérais avec une certaine forme de désintérêt sourdement cultivé, ce qui me permettait de conclure avec suffisance qu’il s’agissait là d’un nouveau phénomène d’exhibitionnisme intellectuel ou social. Oui, du genre vous voyez … “J’ai un avis sur le monde et je pense que tout le monde devrait en être informé”. Et bien aujourd’hui, je suis heureux d’annoncer que je n’ai absolument pas changer d’avis ! J’ai juste décidé de me foutre à poil sur le net comme les autres, voilà !

Matez bien !   euh … bonne lecteur !

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