- Aaaaah la Révolution des Frites c’était … bien ! Oui, c’était bien.
- Il faisait beau en tout cas …
-Oui, puis le DJ a bien géré sa musique.
-Ouép ! Pis le stand-bière c’était une sacré bonne idée.
-Oooh que oui ! Même le parcours hein ?
-Aaah oué ça, le parcours, rien à en redire, gueuler comme un possédé au milieu de l’avenue de la Couronne c’était le pied ! C’est presque thérapeutique quand on y pense, non ?
-Tout à fait ! En fait, il faudrait faire une manif’ une fois par semaine, le vendredi soir par exemple. Pour être bien détendu le weekend. Un peu comme un …
-Un concert ?
-Oué, c’est ça, un concert mais avec un thème politique.
-Un peu comme Bono ?
-Merde t’as raison … Faut pas déconné quand même !
-N’empêche, faudrait plus de manif’ ! Surtout en été.
-Moi en juillet je pars en vacance donc ça sera sans moi
-Où ça ?
-En Égypte …
Pourquoi ce petit dialogue ? J’aimerais simplement mettre en évidence quelques points qui, je trouve, nous échappent quelque peu dans nos pays occidentaux “démocratiques”. Je parlerai pour la Belgique mais je pense que ce sera généralisable à beaucoup d’autres pays.
Premièrement, là où actuellement des gens perdent la vie pour obtenir le droit de manifester pacifiquement, d’autres, qui l’ont obtenu depuis un petit temps, tendent à laisser cette manière d’agir au placard. Même chez les jeunes. Attention ! Loin ici l’idée de dire que la Révolution des Frites n’est pas une réussite, pas du tout. Ce que j’ai eu l’occasion de constater au niveau de mon université c’est qu’en dépit d’une campagne d’information en béton armé, considérant le nombre d’étudiants au courant, seule une petite partie d’entre-eux se sont donné la peine de se bouger le cul. Comme si c’était un calvaire de déambuler dans les rues ensoleillées de Bruxelles une chope à la main ! Pendant que des hommes et des femmes tiennent un siège de plusieurs semaines en dépit du danger et de leur extrême pauvreté, des étudiants pantouflards s’évitent la peine de marcher 2 km sous la protection de la police. Bon, il n’empêche qu’au final la mobilisation pour cet évènement était suffisante pour lui conférer le crédit qu’il méritait. Néanmoins, et là je m’adresse à tous les étudiants, faisons gaffe à ne pas perdre le statut qui nous incombe, à savoir une force de contestation en tant que futur de la société (c’est bateau aussi ça, à retenir éh éh …). N’oublions pas qu’à une époque, ici, en Belgique, faire ce que nous avons fait le plus naturellement du monde le 17 février, ne se passait pas sans un lot de morts et de blessés.
Ensuite, il faut parler d’un étrange phénomène. Étant donné que nous avons le droit de manifester (même s’il faut demander la permission en faisant quelques courbettes) et une fois qu’une partie du peuple à pousser sa gueulante, tout s’apaise sans grandes conséquences. Cela fait longtemps que je le remarque mais ça m’a choqué en entendant une rediffusion radiophonique (j’adore ce mot) de l’émission “Mise au Point”. Figurez-vous, courageux lecteurs de ce misérable blog, que nos politiciens suffisants regardent les différentes actions de la “Révolution de Frites” avec amusement ! En somme, nous les divertissons et c’est avec délassement, entre deux négociations foireuses, qu’ils regardent les étudiants se pavaner joyeusement dans les rues. Il leur suffit alors de poser leurs fesses sur une chaise de plateau-télé et de dire “Le nationalisme, nous, on aime pas !” (authentique, cette phrase m’a littéralement soufflé: qu’elle puissance ! qu’elle profondeur ! je suis sûr que Martin Luther King se mort les doigts de pas l’avoir trouvée celle-là) . Bref, manifester, même à 30 000, ça ne fait pas mouiller leur slip à nos politiciens
Enfin, pour conclure, peut-être faut-il que je revête le masque d’un moralisateur pompeux pour mettre en garde ceux qui ont encore la prétention de croire qu’ils sont le peuple et donc souverains. Amies et Amis manifestants, n’oubliez pas qu’une fois que la fiesta est terminée, qu’une fois que les chopes vides résonnent en une magnifique gueule dans de bois dans vos petites têtes encore toutes pleines de maquillage bon marché, qu’une fois le politicien diverti, il faut y retourner !!!